Hommages « aux Sud » …

24 jan

Je débute cet article par un texte, écrit il y a quelques temps, au retour d’un voyage de courte durée en Provence, dans les environs d’Aix-en-Provence.

Sans doute, l’envie de partager aujourd’hui mon affection pour « les Sud » est liée au besoin de voir à nouveau des paysages ensoleillés, en cette période hivernale… Il n’en demeure pas moins que du Languedoc Roussillon au Gard, des Bouches du Rhône aux Alpes de Haute Provence,  ces régions m’ont accompagnée, nourrie, accueillie, fascinée, toutes ces dernières années !

Terres d’asile et de nombreuses pérégrinations …

Les tournesols du soleil …

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C’est ici, sur les routes de Provence, sur les pas de Cézanne, qu’une fois de plus, j’ai recouvré mon identité …

En sillonnant les routes escarpées des Alpilles, guidée par le soleil … de doux souvenirs d’enfance ont resurgi, comme un appel à la Vie.

C’est d’abord Pagnol qui chante en moi ! Les odeurs de garrigue, si vives, qui émergeaient de ses récits m’avaient autrefois profondément émue. Et là, soudain, sur ces chemins bordés de lavande, au creux de ces montagnes exiguës, toute petite je suis devenue, cet enfant qui, des années auparavant, s’était émerveillé des paysages délicieusement contés par l’écrivain !

Provence ! Ce mot sonne en moi comme l’invocation d’une Terre ancestrale ! Dans mon imaginaire, largement imprégné de littérature et de peinture, j’y voyais des villages immuables, aux pierres aussi solides que le roc des montagnes environnantes, … et leurs sages, les anciens, assis paisiblement aux quatre coins du bourg, attendant l’Eternel …   J’y voyais des chemins impénétrables de garrigue, et ses odeurs puissantes de romarin, thym, et autres aromates … Je pouvais sentir la chaleur pénétrante incrustée dans le sol poussiéreux et qui montait au ciel en s’emparant de tout … J’y voyais des champs ininterrompus de lavande ; bouquets majestueux de violettes butinés par les larmes du soleil, respectables abeilles d’or … rompus par de longs sillons, étroits et rectilignes, tirant vers l’horizon … J’y voyais de basses montagnes, abruptes, et écorchant le ciel, se fondre en rivières, sources intarissables. J’y voyais des marchés provençaux battre leur plein, paniers tressés des mains de l’Homme, sachets parfumés de lavandin, savons du port antique, et autres mets artisanaux … dominés d’un brouhaha chaleureux aux notes ensoleillées …

Et la lumière divine s’étendre sur l’asphalte, enveloppant délicatement les blés. 

Et de montagne en montagne, mon voyage débute en terres du Languedoc-Roussillon, sous la protection du Pic Saint Loup, … celui qui semble veiller sur les vignobles accrochés à la vallée qui l’entoure et qui portent son nom. Les chemins de chair et de roc ponctués de pins odoriférants, parcourus si souvent lors de promenades dominicales, le temps d’une conversation avec moi-même, conduisent à cette petite chapelle épinglée au Pic, lieu de recueil, lieu de deuil, et de contemplation.

Mon premier contact avec le doux souffle méridional, c’est donc ici, entre Lez et Méditerranée, qu’il s’est établi… j’ai largué les amarres, déposé mes valises, mon premier pays d’adoption !

De villages en villages, de vignes en vignes, d’oliveraies en oliveraies, je progresse vers le Gard,  terre de repos, où ma famille séjourne le temps des vacances, dans la « Maison des Gilles ».

Au loin, la chaîne des Cévennes forme une barrière infranchissable ; une muraille bleu-nuit qui invite à l’introspection, à rester à l’intérieur d’elle, au sein des campagnes qu’elle enserre, paisiblement. La route forme un corridor initiatique, chaque étape devenant un rite de passage, une réponse à formuler aux questions qui transpercent l’âme de celui qui ose s’y aventurer … Les platanes, et leur écorce pure, ourlent le passage, tendant leurs bras et invitant le voyageur à cheminer sur son propre chemin !

Un cortège d’hirondelles ouvre la voie, je ne suis pas seule.

Me voilà en pays gardois ! De grandes étendues s’offrent à l’observateur, plaines cultivées, raisins gorgés de sève, abricots veloutés et pêches voluptueuses … et bientôt ce qui sera l’or noir, petites perles vertes suspendues au ciel, accrochées aux troncs de vie, enracinés au plus profond de la terre, chantant la Lune et le Soleil, le chant des oliviers.

Les blés, fauchés avec soin, laissent place à de diffus bandeaux jaunes orangés, où le soleil éclate ! Les tonalités tranchées, or des blés, bleu des montagnes, verts indéfinissables des végétaux, s’unissent et s’opposent sans cesse, contrastes saisissants, presque surnaturels … ceux-là mêmes qu’un peintre peut manier à sa guise … pourtant le tableau n’est en rien peinture, ici, sur les sentiers du Gard !

Quelques bâtisses impénétrables ponctuent les paysages ruraux … demeures séculaires dont on devine l’histoire, dans le sifflement des pierres au contact du vent. Les volets pastel sont presque toujours clos, dissimulant l’ascèse de ceux qui ont préféré une existence asservie aux saisons.

Aux abords des routes, d’autres demeures s’élèvent, tombeaux éternels dominés de hauts cyprès, symboles d’ascension … les cimetières sont ici comme de petits jardins clos, entourés de murets de pierre … leur douceur et leur tranquillité invitent au repos, ne serait-ce que le temps de leur observation. C’est sans conteste au sein d’un tel jardin que j’aimerais séjourner, pour mon dernier sommeil …

Et les tournesols tournoyaient, happés par le disque solaire …

 Elsa 

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Peinture de Paul Cézanne, la montagne Sainte Victoire

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