Un voyage au Burkina Faso – Deuxième partie

19 juin

Mardi 21 novembre 2017

dafra1

Une journée bien remplie encore. Adama et son frère Kassoum sont venus nous chercher ce matin, à 10h00, en route pour Dafra, le site des silures sacrés.

On gare les motos dans la brousse, après avoir traversé des jardins rafraîchissants, sous les manguiers !

La route est toute cabossée, un peu comme nous après le voyage !

Il nous faut marcher encore un peu, descendre la montagne, les paysages sont magnifiques, des roches partout, et une vue surplombante. On descend, encore et encore. On s’enfonce dans la roche pour arriver enfin au site sacré. Quelques féticheurs nous reçoivent un peu froidement, nous n’avons pas apporté de poulet à sacrifier. En tant que simples touristes venus visiter ce lieu spécial, je comprends l’animosité. Atmosphère dense. Des plumes partout sur le sol, qui mènent jusqu’au rocher du sacrifice. Un tas énorme de plumes fumant le surmonte. Je ne m’approche pas trop. L’air est chargé des vapeurs de poulet grillé. On les sacrifie, on les cuit, et on les mange. Les viscères sont jetés aux silures. On décide finalement de rendre visite aux poissons. Peut-être seront-ils plus accueillants ?! Deux hommes sont en train de se baigner avec eux, pour le rituel. Je ne m’y risquerai pas personnellement !!! Les silures approchent, Adama leur jette quelques viscères. Croyances animistes, les poissons sont de véritables dieux ici. On les observe un moment, le bruit de l’eau est apaisant, et les pierres autour qui nous enserrent. On reste là, chacun est perdu dans ses pensées. Et après tout, si cela marchait ? Je fais une prière, à l’intérieur de moi, pour le Burkina, l’Afrique, la famille, les amis, tous ceux que j’aime …

J’ai une pensée pour mes ancêtres aussi. La dernière, et nous voilà repartis sur les routes ! Étrangement, tous les silures se rassemblent, juste à nos pieds et nous regardent, les yeux écarquillés, pendant 5 bonnes minutes … Au-revoir les poissons-dieux ! On repart. J’appréhende la remontée. Il fait très chaud et la distance parcourue en descente doit maintenant l’être dans le sens inverse. Finalement, c’est plus facile que ce que j’imaginais ! 

On s’en sort bien. Nous grimpons sur les motos, cette fois-ci direction Koro. Le village en haut de la colline. Habité la moitié de l’année, après les récoltes. Le reste du temps, les villageois regagnent le bas du hameau. Toute une organisation ! Il y a les maisons des féticheurs, avec l’angle de l’entrée réservé aux sacrifices. Les cases sont sommaires, sombres, le minimum pour vivre. Quelques vases pour le dolo, la bière de mil. Des roches tout autour. La pauvreté est plus marquée ici, en périphérie des villes. Nous rencontrons des enfants aux yeux hagards, aux ventres ronds … ça prend aux tripes. J’arrondis l’appoint pour le barman, « pour les enfants », petit geste qui ne changera pas grand chose mais c’est toujours ça …

Je repars le cœur un peu lourd, et la tête pleine de réflexions. Injustice, dureté de la vie. Les terres sont arides, la chaleur écrasante, je comprends que le climat détermine beaucoup la qualité de vie. On ne choisit pas où l’on naît. It’s life ! On s’adapte à notre environnement, on essaie tant bien que mal de se créer un petit bout de vie, comme on peut, là où ne choisit pas toujours d’être. Avec la fatigue de la journée et tout ce que nous avons perçu, je me sens dans un état second. Sonnée. Hypnotisée par l’énergie des lieux, du trajet en moto, des visages, des bruits, des odeurs, et par le soleil, majestueux, un peu voilé par le ciel nuageux, ce qui lui donne encore plus d’intensité. 

PS : pour aller plus loin, voir l’article sur Dafra, http://www.sidwaya.bf/m-9875–les-silures-sacres-du-lac-de-dafra-des-poissons-pour-l-exaucement-des-voeux-.html)

koro

Jeudi 30 novembre 2017

Avion. Départ du Burkina. On survole la capitale. Myriade d’étoiles au sol, derniers scintillements depuis Mama Africa. 

Je n’oublierai pas les belles rencontres sur le chemin, les sourires et la chaleur des burkinabés, la foi qui les anime, les arbres magnifiques qui ponctuent les paysages arides, les beignets du petit-déjeuner, le riz-sauce et le poulet bicyclette !

L’odeur et la poussière, les couchers de soleil somptueux, et tous les enfants du soleil :)

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