Laâyoune – Part 1

16 sept

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Laâyoune

Les sources en arabe (El – ayoun) … ville excentrée, installée au coeur du désert, dans le Sahara occidental.

Je découvre cet endroit en même temps que j’envoie ma candidature pour un poste d’enseignante en français, ici, en ce lieu que je ne connais pas.

Quelques semaines auront suffi pour que ma valise soit bouclée, mon contrat signé, mes billets d’avion pris, les au revoirs déclinés ci et là !

Je ne sais pas si ma décision est la bonne, je ne sais pas si ce travail me plaira, je ne sais pas si cette vie me conviendra mais je pars …

Montpellier-Marseille-Casablanca-Laâyoune. Une longue journée de voyage pour, enfin, survoler le plus beau, le désert du Sahara … je suis du côté des hublots, c’est extraordinaire, il y a le sable orangé et l’océan qui l’accompagne, qui s’étend de tout son long à ses côtés, orange et bleu, un beau mariage de couleurs depuis le ciel :) On survole quelques petites villes, je prends conscience qu’elles sont vraiment isolées et que c’est bien ce sort qui m’attend dans quelques minutes. Descente de l’avion, j’adore ce moment, la chaleur de l’Afrique qui pique les joues, la poussière de l’air qui pique le nez, et cette atmosphère …

Nous sommes tout de suite pris en charge par l’équipe, un mix de Sahraouis natifs de Laâyoune, de marocains très occidentalisés venus des grandes villes du Nord, et d’expatriés français venus, comme moi, pour travailler ici. Premières rencontres, premiers sourires, premiers échanges, premiers repas ensemble. Nous sommes logés dans un hôtel en plein cœur de la ville.

La vie ici est très agréable, on se fait très vite à ces rues paisibles bordées de cafés où les hommes sirotent jus d’orange et thé marocain à longueur de journée. On se laisse porter par la magie du souk où sont vendues toutes sortes d’objets, habits et aliments. Je retrouve un peu les odeurs d’épices et les ambiances du Maghreb que j’avais envie de retrouver. On ne peut pas dire que Laâyoune soit une ville typiquement marocaine, non ! C’est un peu comme le Maroc version « neutre », une cité construite de toutes pièces par les espagnols dans les années 30, sans le charme des cités historiques. Donc, on ne se sent pas totalement au Maroc ! C’est un mélange de cultures, les gens d’ici, les Sahraouis, reconnaissables à leurs habits traditionnels : longs pans de tissu colorés pour les femmes, dont elles s’entourent d’une manière très élégante, et longues djellabas bleu pour les hommes, reconnaissables entre toutes. Il y a, bien sûr, les marocains, venus du Nord, pour travailler. On sent que ceux-là n’apprécient guère de vivre ici. On vient pour le travail, nous dit-on, et puis dès qu’on le peut, on monte dans un avion ou dans un bus, direction Agadir, Casablanca, Marrakech ou autre !  Il faut dire que les loisirs sont assez limités, mis à part le souk, les cafés et les restaurants, pas grand chose à faire ….

Il y a aussi des visages venus de plus loin, mauritaniens, sénégalais, peut-être maliens, qui cherchent sans doute un meilleur avenir, en passant par la case « Laâyoune ». Ce melting-pot me plaît bien, je dois l’avouer, ces lieux-carrefours où on se sent tout de suite chez soi sans pour autant avoir envie de rester, de s’ancrer, de s’installer … c’est tout moi ça !!! 

Une vie paisible donc, sans heurts, une routine qui n’est pas déplaisante, un rythme très décalé aussi … les gens vivent le soir, font leurs courses à partir de 18h jusqu’à minuit … les commerces ouvrent eux aussi très tard. Un fonctionnement différent, on s’adapte ! Les femmes et les enfants passent leurs soirées dans des parcs à jeux, ou sur les places, à papoter et s’amuser, tandis que les hommes, toujours en terrasse, palabrent sans cesse tout en fixant les écrans géants pour suivre les matchs de football !

Voilà, j’ai planté le décor. 

Lorsqu’on sort de la ville, impression très étrange, effrayante presque. Le désert, partout à perte de vue, les premières dunes, les désensableuses actives toute la journée pour dégager la route, le vent qui charrie le sable et qui empêche parfois de voir à plus d’un mètre … Le sable partout, enveloppant, infini. On ne doit pas trop y penser, au risque de s’y perdre !

A une demi-heure environ de la ville, en traversant le désert, on parvient aux premières plages. Spectacle singulier là encore ! Des tentes à perte de vue, plantées dans le sable, du monde partout, et des odeurs de sardines grillées. Des familles s’installent ici pour les weekends, les vacances, et peut-être y vivent-ils ? Je l’ignore … On ne se sent pas à notre place ici, on nous regarde comme des étrangères, à juste titre, mais c’est une sensation désagréable parfois. Les hommes nous sollicitent beaucoup … trop ! On est même injuriées. Bref, une expérience assez déplaisante !

Quelques mauvaises rencontres mises à part, on peut dire une chose, les marocains sont d’une grande hospitalité et d’une grande gentillesse. On est aidé, tout le temps, des conseils, de l’entraide, beaucoup de générosité. C’est même trop parfois, on ne sait plus comment remercier. 

Alors oui, la vie à Laâyoune n’est pas parfaite, mais elle est tout de même assez sympathique ! Beaucoup de choses me manqueront mais j’y trouverais quelques satisfactions suffisantes pour y rester un peu, quelques mois au moins, et la suite, on verra inchallah :)

La prochaine fois, je vous parlerai peut-être de mon travail avec les enfants, de mes futures excursions à Dakhla, dans le désert ou aux plages de Tarfaya !

Avec toute mon affection !

Elsa-Sahara

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