Laâyoune.2 – Tarfaya, le désert et un peu de travail !

23 sept

IMG_5903

Comme promis, je reviens pour parler de mes dernières découvertes.

Il y aurait tant de choses à dire, à décrire, d’émotions à partager, de réflexions à échanger.

Pour commencer, je voudrais parler de mon excursion, dimanche dernier à Tarfaya.

Petit village de pêcheurs accroché à papa océan. Le site est loin d’être aussi beau que les villages côtiers du nord du Maroc, comme Larache, El-Jedida ou Essaouira. Mais on se contente de ce que l’on a ! On découvre tout de même de très belles plages, assez nature comme je les aime, avec du sable à perte de vue. Les pieds dans l’eau, un ancien fort en pierres, servant à l’époque de prison, semble garder les lieux. Il donne beaucoup de charme à l’endroit ! Enfin un monument historique, dans cette région qui en manque cruellement.

Mais la petite pépite de la journée, c’est le musée dédié à Antoine de Saint Exupéry. J’avais découvert, avant de partir, que ce cher monsieur, écrivain à ses heures, avait échoué pour quelques années ici, près de Tarfaya, gardien de l’aérodrome. Et cette dans cette solitude désertique que certains écrits lui auraient été inspirés. Notamment le Petit Prince, Courrier Sud, et Terre de hommes. Comment ne pas réfléchir à la condition humaine dans cette atmosphère de sable et d’océan ? A. De Saint Exupéry possédait la magie des grandes âmes, capables de comprendre le monde et de disperser dans le vent des myriades d’étoiles, destinées à tous, une pensée universelle. C’est ainsi que j’ai pris soin de glisser dans ma valise le conte du Petit Prince, relu dès mes premiers pas à Laâyoune, et que je lis actuellement Terre des Hommes, livre passionnant qui parle d’une période particulière de la vie de l’auteur, lorsqu’il était affecté sur la ligne aéropostale Toulouse-Dakar. J’imagine qu’en survolant le monde, depuis de tous petits avions, du sud de la France jusqu’aux contrées africaines, il doit être difficile de ne pas être chamboulé …

Hasard de la vie ou non, mes parents visitaient ce même week-end, dans l’Ain, ma région natale, la maison familiale où grandit A. de Saint Exupéry, aux abords de Lyon, ville dont il est natif. Bref, vous l’aurez compris, j’ai un profond respect pour cet homme avant-gardiste, empli d’une grande humanité, qu’une vie totalement atypique a transformé, et rendu si brillant. Une lumière, qui a traversé le temps comme un éclair, et laissé quelques empreintes indélébiles. Il y a des parcours, comme celui-là, qui nous touchent plus que d’autres. Des paroles qui résonnent en nous, c’est ainsi …

Je laisse maintenant les livres pour revenir à la vie plus concrète ! Cela fait trois semaines que je m’occupe d’une classe de moyenne section au sein d’une petite école privée. Expérience très intéressante mais épuisante ! Ce n’est pas mon métier, pour commencer, ce qui rend le travail un peu délicat. Et puis, vous l’imaginez, ces petits bouts de chou ne parlent pas vraiment français, on parvient souvent difficilement à se comprendre. Mais le temps fera son ouvrage ! Sans rentrer dans les détails, ce qui est instructif, surtout, c’est de voyage pour le travail … un voyage totalement différent du tourisme. Tout prend une autre dimension. Le temps est d’ailleurs dense, c’est incroyable. En un mois, j’ai le sentiment d’en avoir passé trois !

On essaie de se faire une petite place, bon an mal an, dans un endroit qui ne nous est pas familier mais qui le devient très vite finalement ! On se fabrique un petit quotidien fait de bric et de broc, pour pallier aux manques. Nostalgie du pays, du chéri, de la famille, des amis … Je pense à tous ces exilés, contraints de partir de force, pour travailler. Je pense que moi j’ai encore le choix, de rentrer, de rester, de faire à ma guise, pour mon bien être. Je songe que tout le monde n’a pas cette chance, que certains ou certaines ne rentreront jamais chez eux, qu’ils ne reverront jamais leurs terres … ou qu’ils le feront à toute petite échelle, une fois tous les quatre ans. Moi je rentrerai tous les deux mois, et je peux vous assurer que ce n’est déjà pas facile !

Lorsque je suis en France, j’ai envie de partir … lorsque je suis loin, j’ai envie de rentrer …

Toujours entre deux eaux, entre deux continents, partagée …

Vendredi, jour saint chez les musulmans, nous fêtions un événement particulier. Achoura, le dixième jour du calendrier musulman (achara = 10 en arabe!). Une fête notamment dédiée aux enfants, auxquels on offre des fruits secs, entre autres. Inspirée d’une fête juive, commémorant le passage des hébreux de l’Egypte vers la Terre Promise. Le Prophète Mahomet aurait conservé cette tradition en jeûnant, comme les Juifs, respectant ainsi les pratiques dictées par Moïse. Beau trait d’union entre religion juive et musulmane !

La musique a retentit dans notre école avec un superbe orchestre, des costumes plus beaux les uns que les autres, le tout agrémenté de plateaux de fruits secs et de chocolats. Un très joli moment. 

Pour couronner le tout, nous étions invités à manger le couscous chez notre ami Anass. Sa mère, d’une grande gentillesse et sa soeur, nous ont accueillis avec la dignité et l’hospitalité chères aux marocains. Le repas était délicieux, et la chaleur humaine qui en émanait réconfortante !

Pour finir cette semaine et ce court récit, petite excursion, indispensable dans le désert. 

On ne s’en lasse pas. Quelle force émane de ces contrées ? Le vent soufflait fort, il créait des sortes de vaguelettes sur le sol, qui faisaient vibrer la terre …

Coucher de soleil en prime, et lune qui se levait, argentée de l’autre côté. 

Je terminerai cette page sur quelques lignes du livre de E.E. Schmitt, La nuit de feu, un indispensable pour celles et ceux qui aiment le Sahara : 

« Ma conception du voyage avait changé : la destination importe moins que l’abandon. Partir, ce n’est pas chercher, c’est tout quitter, proches, voisins, habitudes, désirs, opinions, soi-même. Partir n’a d’autre but que de se livrer à l’inconnu, à l’imprévu, à l’infinité des possibles, voire même à l’impossible. Partir consiste à perdre ses repères, la maîtrise, l’illusion de savoir et à creuser en soi une disposition hospitalière qui permet à l’exceptionnel de surgir ». 

Bonne nuit sous les étoiles par delà les frontières :)

Elsa 

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

4czarts |
Un espace où la nudité a le... |
Tintinabules |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Zedzmaele
| marquart68
| JP KARAN BORDERIE Artiste P...