Une excursion à Dakhla et la fin d’un voyage …

15 oct

C’est une semaine avant de partir que je reprends ma plume, pour raconter en quelques mots l’une des escapades les plus intéressantes de ce périple dans le Sahara occidental, mais aussi pour faire le bilan de cette expérience, qui se termine bientôt. 

Nous sommes partis à Dakhla il y a deux semaines. Tout le monde ici nous en disait du bien, même ceux qui n’y étaient encore jamais allés, mais qui, semble-t-il, avaient vraiment envie de s’y rendre ! On leur ôtait l’antériorité du voyage. Il est vrai que nous autres, européens voyageurs, sommes toujours un peu pressés de visiter tout ce qu’il est possible de visiter. On peut dire qu’en un moins à Laâyoune, nous avons, avec l’une de mes collègues, réalisé les principales découvertes possibles dans la région. Mis à part le camp bédouin (pour passer une nuit en tente berbère sous les étoiles du Sahara- que je regrette de n’avoir pu expérimenter), et sans doute quelques plages ici ou là intéressantes, on peut dire qu’on a fait le tour ! Ici, les gens sortent peu. Par manque de moyens c’est certain, mais pas seulement, à mon humble avis. Il y a comme une forme de torpeur générale, un immobilisme … est-ce du à cet environnement désertique ? A l’habitude de n’avoir pour ainsi dire « rien à faire » ? On nous décrit souvent les longs week-ends enfermés à la maison, en huis clos, avec les membres de sa famille … autour d’un repas, devant la télévision. Peu d’intérêt pour l’extérieur … Bref, nous, venues pour quelques mois, voire une année, on a envie d’en profiter au maximum et de voir tout ce qu’il nous est donné à voir ! 

C’est ainsi que nous prenons « un grand taxi » (c’est comme cela que nous les appelons à Laâyoune), pour nous rendre à Dakhla un vendredi après-midi, après le travail. Nous savons d’avance que la route sera longue mais c’est une fois dans la voiture, après trois heures sur les routes désertiques que nous le réalisons vraiment. Que ce trajet a été fastidieux ! J’adore pourtant tailler la route, voir défiler le panorama pendant des heures, me laisser bercer par le bringuebalement de la voiture. Heureusement, entre deux sommeils légers, je regarde les paysages, particulièrement beaux à certains moments. Comme lorsque nous voyons l’océan en bordure du désert et un somptueux coucher de soleil. Nous arrivons tard, très tard. Impossible de faire quoi que ce soit de cette soirée. On gagne notre appartement de location et on s’endort vite, malgré le confort sommaire. On se réveille enthousiastes à l’idée de découvrir les lieux. Dakhla … une petite ville paisible en bordure d’eau. On en avait besoin. Petit-déjeuner en terrasse oblige. J’adore ces moments, tout doux, tous simples, avec la lumière du matin, et la vie qui s’éveille délicatement. Thé marocain et petites galettes à la semoule (que j’adore !), trempées dans l’huile d’olive et un peu de miel. On poursuit cette matinée dans un café très joli, le Samarcande, comme un jardin d’éden, rempli de petites pergolas bleues surmontées de bougainvilliers de toutes les couleurs. Et là, le spectacle, c’est qu’on est face à l’océan … enfin, un café presque les pieds dans l’eau :)

On décide de se rendre aux fameuses plages … celles décrites dans tous les guides du routard, celles connues de tous les aficionados du surf et du kitesurf! Nous ne sommes pas déçus ! Les plages, à une demi-heure de la ville, sont magnifiques. Le sable y est presque blanc, et d’un côté, il s’agit d’une sorte de lagon, où l’eau est chaude et calme. De l’autre, c’est l’océan et ses grandes vagues, paradis des surfers. Nous choisissons le lagon. Petite ballade les pieds dans l’eau, et repos dans un restaurant super chouette où nous finissons par nous attabler pour un tajine de poisson délicieux, le meilleur plat de tout mon séjour … La vie est paisible à Dakhla, on s’y sent bien. Le soir, nous faisons un tour dans le souk, pas aussi grand qu’à Laâyoune mais ça vaut toujours le détour. En revenant, on croise Boubakar, un grand mauritanien très sympa, en train de charger la voiture pour emmener toute une famille au pays ! Il fallait le voir son chargement ! Dessus, dedans, les glacières, les couvertures, valises et objets en tous genres !!! L’art d’en mettre toujours plus ! On échange quelques mots, je prends le numéro, sait-on jamais si l’on avait besoin d’aller plus loin encore, en Mauritanie, au Sénégal. Je serais bien montée dans sa voiture, tiens, tracer la route encore, toujours plus au Sud … !

Le lendemain matin, nous regagnons le Samarcande pour un ultime petit-déjeuner à Dakhla. On profite des derniers instants, on savoure … Un livre à la main, face à l’océan, je sirote mon thé, en compagnie de mes amis-voyageurs ! Dernières visites et ballades. On se rend à la seule église que nous ayons vue depuis belle lurette. La présence espagnole se fait sentir. Le bâtiment est moderne, sans charme mais aller, il est toujours bien de découvrir. Nous rentrons à l’intérieur, c’est l’heure de la messe, une petite communauté noire-africaine écoute patiemment le prêtre … qui nous invite même à participer à la réunion. Nous repartons discrètement. Un festival du livre se tient à quelques pas de là. Chouette, j’adore les bouquins ! Il y a beaucoup de livres en français, on trouve notre compte. Pour ma part, quelques contes pour enfants, et un très bel ouvrage de calligraphie sur les 99 noms du dieu Allah, le 100tième étant caché aux hommes, l’inconnaissable…

Petite perle dans le désert du Sahara, dans ces coins reculés qui ne sont pas toujours propices au bien-être humain, Dakhla vaut bien le détour ! 

Je suis très contente d’y être allée. Surtout que j’ai finalement décidé de ne pas rester dans cette région. Bien sûr, cette expérience est réussie et constructive sur de nombreux plans. Mais les satisfactions personnelles et professionnelles sont un peu insuffisantes pour avoir envie de rester. Décision difficile à prendre, certes, mais il a bien fallu trancher. J’opte donc pour l’option : retour en France. Heureuse de retrouver mes repères, mon entourage proche, mes petits plaisirs et mes activités favorites. Les voyages sont toujours pour moi l’occasion de faire un bilan personnel et de mieux cerner ce que je souhaite faire de ma vie. Ici, je prends encore plus conscience de la chance que nous avons de vivre en France, de sa diversité, de sa richesse culturelle et humaine, de ses paysages verts et bien pleins, de sa douceur de vivre. Je veux préserver cette leçon le plus longtemps possible et profiter de tous ces aspects. A coup sûr, j’aurais très vite envie de repartir, loin, ailleurs, et de sentir sous mes pieds à nouveau les terres africaines. Mais pour le moment, place aux projets made in france. Si je dois repartir travailler à l’étranger un jour, je crois que je choisirai vraiment l’endroit, un lieu qui me plaît et où je désire vivre pour un temps. Sinon, il faut avouer que c’est un peu risqué! Car malgré tout, les lieux de vie importent beaucoup dans notre bien-être, et il est difficile de lutter contre cela ! J’aurais appris, aussi, qu’il est primordial de s’écouter, de savoir dire non, et de respecter ses valeurs, son monde de vie, pour toujours rester en accord avec soi-même. Je n’ai ressenti aucun de ces aspects, à Laâyoune et c’est pourquoi je choisis de ne pas m’y attarder. 

On a toujours quelque chose à apprendre d’un voyage. Voilà ce que je peux dire aujourd’hui, après presque deux mois passés dans le SAHARA OCCIDENTAL. 

A bientôt, sur les routes de la France et d’ailleurs, pour de nouvelles aventures ! 

Elsa

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